Blog & Analyses

Retrouvez nos derniers articles sur la bourse, la gestion de budget et la stratégie patrimoniale.

Après un krach, combien de temps pour retrouver son revenu ? Huit crises mesurées

Un rentier ne se demande pas seulement combien il va perdre, mais pendant combien de temps. Sur les huit grands krachs du S&P 500 depuis 1929, le dividende a retrouvé son niveau avant le cours six fois sur huit, et sept fois sur huit en pouvoir d'achat. Depuis la guerre, le pire cas a coûté 6,3 mois de revenu, étalés sur quatre ans, quand le capital restait sous son sommet pendant plus de cinq ans. Les deux exceptions, 1937 et 2020, et ce qu'elles ont réellement coûté.

Marchés émergents : une brique qui ne protège d'aucun krach, mais d'une décennie perdue

Depuis 2014, la brique émergents a coûté à notre portefeuille du rendement, du revenu et de la stabilité : sans elle, il aurait moins baissé dans chacune des six baisses de la période. Ses deux justifications publiées, la reflation et la technologie, ne se sont pas vérifiées. Sur 36 ans de données, elle a pourtant rapporté davantage qu'une poche actions sans émergents, grâce à une seule décennie, 2000-2009, où les marchés développés ont fait du surplace. Ce que la brique achète vraiment, et ce qu'elle coûte.

Risque de change : 90% du portefeuille hors de l'euro, et pourquoi nous ne couvrons rien

Moins de 10% de notre allocation est en euros, un quart est en dollars, et aucune ligne n'est couverte. Sur 27 ans de S&P 500, ne pas couvrir a rapporté 0,38 point par an de plus, pour la même volatilité. Dans les quatorze baisses de plus de 7% depuis 1999, le dollar a amorti la chute neuf fois, dont 2008 et 2022, et l'a aggravée cinq fois, dont 2001-2003 et le printemps 2025. Couvrir coûterait aujourd'hui un cinquième des distributions du portefeuille. Ce que le change fait à la rente, et ce qu'il ne lui fait pas.

L'or ne verse rien : pourquoi il occupe 20% d'un portefeuille à dividende

Sans or, notre allocation distribuerait 2,33% au lieu de 1,87%, et les distributions couvriraient 49% d'une rente nette au lieu de 39%. Le prix est réel. Ce qu'il achète se mesure : dans les six baisses de la brique principale depuis 2014, le portefeuille avec or a moins baissé à chaque fois, et dans quatre cas sur six la brique à vendre pour financer la rente était en hausse. Le test, ses deux échecs, et pourquoi il ne faut pas alléger la ligne.

Cycle économique : quand la récession devient officielle, la bourse a déjà bougé

« Où en sommes-nous dans le cycle ? » La réponse officielle arrive toujours en retard : 4 à 12 mois après le début d'une récession, 8 à 21 mois après sa fin. Sur les six récessions américaines datées depuis 1980, nous avons mesuré où en était la bourse le jour de l'annonce, et ce qu'aurait donné la règle « je vends quand la récession est officielle, je rachète quand sa fin l'est aussi ». Elle a coûté de l'argent cinq fois sur six — et même en rachetant au mois exact de la fin réelle, elle n'a jamais rapporté.

Émergents à haut dividende : pourquoi 4,85% de rendement ne nous tentent pas

Si la stratégie croit au dividende, pourquoi sa brique émergents suit-elle un indice classique qui ne verse que 1,5% ? Nous avons testé les ETF émergents à haut dividende réellement accessibles en France. Le plus gros affiche 4,85% de rendement, mais a rapporté 1 point de moins par an sur dix ans, perdu 31% en 2022 et vu sa distribution par part baisser de 28% depuis 2021. Et le dividende émergent est déjà dans notre portefeuille, par la bonne porte.

Le piège du rendement : pourquoi notre indice ne prend pas les dividendes les plus élevés

Si les dividendes protègent une rente, pourquoi ne pas viser les rendements les plus élevés ? Parce qu'un rendement très haut est souvent un cours qui s'effondre avant une coupe. Sur près d'un siècle de données américaines, les 10% d'entreprises au rendement le plus élevé ont chuté de 73% en 2007-2009 contre 50% pour le marché, et n'ont rebondi que de 7% en 2009. Comment l'indice de notre brique principale est construit pour ne pas tomber dans ce piège, et ce qu'il n'évite pas.

Rachats d'actions ou dividendes : en 2008, les rachats ont chuté de 86%, les dividendes de 22%

Les entreprises américaines rendent aujourd'hui 1 020 milliards de dollars par an en rachats d'actions contre 665 milliards en dividendes, et les rachats sont fiscalement plus doux. L'objection contre un indice à haut dividende est sérieuse. Mais dans chacune des trois dernières crises, les rachats se sont effondrés quand les dividendes tenaient — et les entreprises ont racheté, en proportion de leur valeur, trois à quatre fois plus au sommet qu'au creux. Ce que cela change pour un portefeuille de rente.

Dans un krach, le cours s'effondre et le dividende fléchit : huit crises mesurées

Sur huit krachs depuis 1929, le dividende du S&P 500 a toujours moins baissé que le cours : depuis la guerre, −2% en médiane contre −41%, et −24% au pire en 2008 quand le cours perdait 57%. Notre brique principale, dans son seul krach, a vu sa distribution baisser de 14,5% quand son indice chutait de 36,8%. Ce que ce flux protège, ce qu'il ne protège pas, et pourquoi c'est une règle de retrait que les conseils d'administration appliquent à votre place.

Inflation : les deux briques anti-inflation ont échoué, le portefeuille a gagné 21,9% de pouvoir d'achat

Test en euros de l'allocation sur l'épisode inflationniste 2022-2025 : +38,45% nominal contre 13,57% de hausse des prix, soit 21,9% de pouvoir d'achat gagné — le même résultat qu'un indice mondial avec un tiers de la chute. Les deux briques censées couvrir l'inflation, elles, n'ont rien couvert. Ce qui a protégé, c'est la structure, et la brique distribuante a payé son meilleur revenu dans l'année du krach.